• SCIENCE-FICTION ET ALCHIMIE

     

    SCIENCE-FICTION ET ALCHIMIE

    J’ai parfois parlé de science-fiction en faisant remarquer que certains auteurs étaient proches de l’alchimie et en particulier le canadien  Alfred Elton VAN VOGT (1912-2000), considéré comme l’un des chefs de file de « l’âge d’or » de la science-fiction américaine. Pour certains critiques son œuvre a beaucoup vieilli. À cela une seule réponse : cette dépréciation est le fruit de l’obsolescence qui gagne certaines expressions scientifiques. Elle est beaucoup plus liée aux variations terminologiques qu’à l’évolution réelle des techniques. Par exemple, de nos jours nous ne parlons plus de la même manière d’énergie atomique souvent remplacée par le synonyme d’énergie nucléaire. Employer la première expression donne des rides au texte, pourtant l’énergie atomique est bien loin de nous avoir tout révélé. Nous sommes devant une réalité quelque peu décevante, mais est-elle évitable ? En effet, la science-fiction est parfois snobinarde, elle se révèle victime de la mode. En cela elle est aux antipodes de l’alchimie qui se présente beaucoup plus comme une science aboutie ne donnant pas de prise à des fluctuations sémantiques liées aux caprices de la modernité.

    En filigrane  des récits, que ce soient ceux qui structurent la faune de l’espace,(où le potassium, chers aux alchimistes, est mis en exergue) le cycle des Linns (qui caractérise le génie salvateur agissant sur le macrocosme à travers le microcosme, opération si proche des transplantations de Paracelse.) et celui des anti A (qui donne le véritable sens de la dimension humaine avec en surcroît une prophétie sur les capacités psychique exceptionnelles que révéleront les neurosciences). Dans tous ces romans sont abordées des réalités essentielles ou l’alchimie tient une place prépondérante. En cela l’œuvre de VAN  VOGT est immortelle. Par ailleurs l’intégration de ce citoyen Canadien à « l’âge d’or » de la science-fiction Américaine est une étrange convergence, un clin d’œil « doré » de la synchronicité pour parler le langage de C. G. Jung,  et cela ne manque pas de relief, de ce genre de relief qui n’a rien de commun avec l’orogenèse.

    Mais les littéraires sont-ils tous sensibles à la dorure alchimique de son œuvre ? En tout cas le révolté « antisystème » Boris VIAN (1920-1959) ne s’y est pas trompé en traduisant ses romans sur les anti-aristotéliciens. Oeuvre  reposant sur les concepts très fructueux de la sémantique Générale que venait de formuler le mathématicien polonais,  ce génial aristocrate  qu’était le comte Alfred KORZYBSKI (1879-1950). Génial il l’était pour avoir su faire sortir de leurs abstractions la physique quantique et celle de la relativité d’Einstein. Il leur donna une dimension humaine, sans perdre le référentiel mathématique, d’une manière telle qu’elle s’apparente  à un art de vivre extraordinairement riche. C’est dans ces concepts qu’ont puisés les fondateurs de la Gestalt Théorie (de l’Allemand Gestalttheorie qui signifie « théorie de la forme ») si chère à  certains psychologues et aussi aux fondateurs de la « Programmation neuro linguistique (P.N.L) ». Chacun de leur côté, on établit un domaine de sciences humaines qui ne tarda pas à rompre le cordon ombilical qui les reliait avec les concepts fondamentaux du mathématicien Polonais.

    Toutes ces disciplines fécondées ne sont qu’un éclatement dépréciateur de l’œuvre de KORZYBSKI où les romans de VAN VOGT sont un retour aux sources en même temps qu’une agréable vulgarisation qui permit à beaucoup de Français de découvrir les fondements de la sémantique générale que notre aristotélicienne Éducation Nationale ne saurait enseigner, à moins d’aller chercher un bâton pour se faire battre !

    Autant l’œuvre de l’auteur Canadien offre de multiples pistes de réflexions pour aborder l’alchimie théorique qui prépare l’entrée au laboratoire, autant la sémantique générale s’avère un instrument de réflexion pour aborder le changement de la pensée (métanoïa) si nécessaire comme prélude à la transmutation de l’être et conséquemment à celle de la matière si étroitement intriquée dans le temps comme l’a bien montré Salvador Dally dans son tableau des montres molles...

    Avec toute mon amitié.

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :