• RAMSAULT UN PEINTRE BRUGAIROLLAIS

    J’ai mis longtemps avant de me décider à écrire sur mon ami que fut Pierre Lafon de Mazière. J’ai fini par saisir que j’étais l’un des mieux placé pour le faire du fait de nos échanges fréquents, et approfondis, sur différents sujets. Ce peintre effacé, un peu allergique à la vie en société, vivait dans sa gentilhommière de La Motte  à l’écart du village de Brugairolles dans l’Aude (non loin de Limoux). Dans le silence et la communion avec la nature il exerçait ses talents très discrètement guidé uniquement dans la joie profonde d’exercer son art. Peintre il l’était mais ce que l’on sait moins c’est qu’il était également dessinateur excellent dans différents domaines allant de l’illustration du livre aux représentations symboliques. Aussi je regrette son départ car je suis sur qu’il aurait été enthousiasmé de pouvoir illustrer certains de mes ouvrages.

    Personnellement je ne suis pas peintre. Jamais je ne me suis essayé à tenir un pinceau. Cependant je pouvais saisir la beauté de certains de ses tableaux sans passer par une critique raisonnée. J’arrivais à suivre ses efforts pour traduire le trajet de la lumière dans les marines qu’il affectionnait à la recherche des divers éclats de la rouille qui grimpait le long des chaines d’ancre aux verts les plus profonds et lumineux qui jouait dans le ressac nonchalant d’un port que ce soit celui de Port-Vendres ou de Collioure.  J’ai d’ailleurs un cadeau de sa part de l’un de ces bateaux amarré au quai de la darse en attendant de livrer sa cargaison. J’y suis particulièrement attaché car je l’ai vu naitre sous son pinceau tout en échangeant diverses opinions philosophiques. En voici une mauvaise photo qui permet d’avoir une idée du port de Port-Vendres à cette époque.

     

    Il signait ses œuvres du nom de Ramsault, patronyme d’un  de ses ancêtres originaire de Toulouse. Sa mère née Nave avait un blason  familial que l’on trouve sur le plafond du parlement de Toulouse. Vieilles famille donc qui était considérée, d’après ce qu’il m’a dit, comme cousin du roi du Portugal. Mais de ses ascendants aristocratique il n’en avait que faire et se moquait souvent des manières de sa famille « aux petits doigts levé ». Bon chrétien il détestait les évêques qu’il qualifiait de « chi… en bas de soi ». Un être très haut en couleur comme il se doit !

    Dans ce petit article je n’ai pu que ratisser les quelques dessins qui me sont tombés sous la main en attendant d’enrichir cet article au fil de mes trouvailles car venant de déménager certains documents sont au secret dans quelques caches égarée. Après un tel bouleversement, il n’est pas surprenant de ne plus savoir ou on a mis les choses…

    Ramsault s’est avéré être un illustrateur de livre. Il m’a fait cadeau d’une de ses productions des années 60 représentant un cul de lampe d’un ouvrage champêtre. Le voici tel quel :


     

    Ce genre de représentation allait de pair avec ses natures mortes particulièrement radieuse.

    De simples esquisses montrent ses préoccupations liées aux symboles comme cette Marianne qui tend son fil de la terre vers le ciel.


     

    Toujours dans le même registre il traduisait les pulsations de l’univers à travers un amour universel qu’il parvint à traduire judicieusement.


     

    En attendant de pouvoir étoffer cet article par mes trouvailles dans le barda de mes cartons, j’ai pensé que certains, qui aiment la région, apprécieraient de connaitre un peu mieux Ramsault dont personne ne parles car son œuvre a disparue soit vendue, soit oubliée dans quelques greniers familial.

    A ma famille et amis de Brugairolles.

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