• À QUI LE POMPON ? À vous chers Francs Maçons !

     

    À QUI LE POMPON ? À vous chers Francs Maçons !

     

    Comme « tout un chacun » lorsque fleurirent mes six printemps, je suis devenu élève de la « grande école ». J’intégrais donc l’école Montmorency de Narbonne dans la classe de cours préparatoire. Dès ce moment j’optais pour être, définitivement et sans appel, un cancre. Et je mis longtemps à m’habituer à ce milieu carcéral où je traînais ma savate au milieu de mes copains criards et violents. J’ai des photos de cette époque où je rivalise de tristesse avec un chien cocker… laissant présager mon penchant chronique pour l’école buissonnière. Ma maman cherchait à chasser cette mélancolie liée à mon regret d’être né dans cette faune de détraqués ou certains instit étaient parfois aussi débile que mes copains de foire. Cette femme, dont j’admire maintenant le désir d’illuminer cette tête de bagnard, m’amenait à la foire, sur les quais du canal de la Robine, où j’avais droit à des tours de manège. Agrippé à mon cheval de bois, j’attrapais le pompon ! Et le pompon m’a éveillé car il faisait tout pour ne pas se faire attraper. Je bondissais jusqu’à quitter mes chaussettes ! À tel point que le forain, propriétaire du manège, en laissa tomber son mégot car j’allais l’arracher là où il ne m’attendait pas. C’est ainsi que le pompon est entré dans ma vie. Une véritable histoire d’amour… Alors chères lectrices et chers lecteurs comprenez pourquoi je suis sensibilisé quand j’entends parler de ce genre de houppe colorée, véritable  ornement universel qui agrémente autant les têtes de certains marginaux que les cordons de nos plus beaux rideaux.

    En lisant mon vénérable Jules Boucher (le mien est dinosaurien puisqu’il n’est pas rafraîchi depuis 1948) sur la symbolique Maçonnique j’ai découvert que cet érudit (que j’appelle « colonel J. B. ») parlait parfois de festons et aussi de pompons. Vous vous imaginez si cela m’a intéressé ! Alors j’ai étudié la question. Et là j’ai encore découvert un bavardage déconcertant dans le style auberge espagnole ou chacun arrive avec ce qu’il possède c'est-à-dire rien ou pas grand-chose. Ainsi, le livre du colonel JB n’est à ce propos qu’une compilation de citation dans lesquelles j’ai perdu mon pompon !

    Rien d’étonnant car le vide colossal de la mystique Maçonnique actuelle (je dis bien ACTUELLE) et le manque d’enseignement structuré ainsi que l’ignorance abyssale de nécessaires et solides « techniques » initiatiques ne saurait conduire qu’aux blas blas blas. Ces graves lacunes génèrent immanquablement un désert spirituel badigeonné de symboles pour le symbole… et de mots pour les mots !

    Si la sémantique générale affirme que la carte n’est pas le terrain et que la pendule n’est pas le temps de même un rituel initiatique n’est pas l’initiation s’il n’est accompagné d’aucune solide formation.

    Ainsi va le monde qui ne tourne pas toujours rond surtout quand les humains optent pour des ronds de jambe ou des jeux de manches. Voilà chères lectrices et chers lecteurs, dans ma méchanceté congénitale devenue légendaire, que je viens de griffer douloureusement, les frères en tablier, avec une sadique joie carnassière… Revenons à nos pompons !

    Le pompon existe donc chez les Francs maçon dans la décoration symbolique (dont la richesse est exceptionnelle).  Ainsi tout autour de leur loge est un cordon entrecoupé de nœuds non serrés qui se terminent, du côté de l’entrée, côté Ouest, par un pompon. On retrouve ce même symbole, de corde à nœuds terminés par une houppe à chaque extrémité, dans le tableau d’apprenti et de compagnon.

    Je suis étonné de l’ignorance avouée du colonel JB à propos de la signification des nœuds. J’en reste perplexe car son amitié avec Fulcanelli aurait dû lui mettre la puce à l’oreille, mais je loue sa sincérité qui fait montre d’une valeur réelle :

    « Pourquoi ce nœud particulier porte-t-il le nom de « lac d’amour » ? C’est là une question que nous n’avons pu résoudre encore : aucun document ne nous permet de donner une réponse acceptable. En formant ce nœud, on figure bien, il est vrai, les organes mâle et femelle, mais la plupart des nœuds sont dans le même cas. » page 173 de l’édition 1948 (chapitre LA HOUPPE DENTELEE ET LA CHAINE D’UNION) Éditions Dervy.

    La puce aurait dû piquer douloureusement les plus sensibles quand ils ont appris que l’expression lac d’amour se prononce « la d’amour » avec comme prétexte, que le mot lac dérive de lacer… Évidemment, c’est une astuce cabalistique. L’expression « la d’amour » dissimule à peine « l’art d’amour » ou alchimie. Et la remarque du colonel JB est tout à fait pertinente quand il remarque que : « En formant ce nœud, on figure les organes mâle et femelle. » La sagesse populaire l’a bien transmis dans son argot, très cru, quand elle appelle « nœud » l’organe sexuel mâle. De grâce ne cherchez pas dans le mot pompon un dérivé salace !

    Les lacs d’amour sont donc là pour rappeler que la loge œuvre alchimiquement en l‘art d’amour, c’est-à-dire en l’art d’harmonie et cela autant à l’oratoire qu’au laboratoire. Seul l’art d’amour permet d’œuvrer la pierre pour l’amener de l’état brute à la perfection grâce à l’H (ou à la hache) ou esprit dont la pyramide indique par son préfixe « pyr » qu’il est le feu universel. Non je n’utilise pas l’étymologie de nos grammairiens mais celle de nos cabalistes.

    Telle est la raison de la présence de cette corde à nœuds autour des tableaux d’apprenti et de compagnon…

    Quant au cordon qui entoure la loge, il est appelé la houppe dentelée. C’est une expression logique dans la perspective alchimique car dentelée provient de dent qui exprime, comme le révèle l’Indo-européen, l’action de mâcher, de triturer le bol alimentaire, ce qui correspond au fait de placer le matière double (nœud) dans le mortier pour la triturer (dents) afin de réaliser la pierre cubique grâce à l’art d’amour (lac d’amour).

    Oui les maçons ne sauraient être très réellement membres de la franc-maçonnerie que s’ils pratiquent l’art royal au laboratoire et à l’oratoire En d’autres termes point de verbiage, point de belles phrases, point de descriptions symboliques brillantes… ou non ! C’est cela qu’exprime la houppe dentelée qui entoure la loge et non une chaîne d’union de « colo » de vacance, même si le cœur y est ! La fraternité est dans l’Esprit, véritable ciseau de tailleur de pierre des alchimistes et des roses croix.

    Quant au pompon, il caractérise le lien entre franc-maçonneries alchimie et sacerdoce, car oublions pas que l’alchimie est qualifiée non seulement d’art d’amour mais aussi d’art sacerdotal. N’est-ce pas une logique liée à l’Esprit qualifié à juste titre de saint Esprit ? Comprenons pourquoi l’alchimie est appelée chimie de Al ou chimie de Dieu.

    Oui, la houppe dentelée ornait les chapeaux des dignitaires de l’Église. N’est-ce pas normal puisqu’il s’agit d’art sacerdotal ? Ce fait n’est pas banal car il manifeste l’inséparabilité entre la franc-maçonnerie et le sacerdoce. Cela devrait mettre mal à l’aise certains francs maçons si peu désireux de voir des relations avec une religion. En réalité cela n’établis pas un lien avec la religion, mais avec le sacerdoce. Le sacerdoce était une manière d’être indépendante de la dimension religieuse. C’est ce genre de religieux initié à l’art sacerdotal, qui est un important substrat de la maçonnerie. D’où la présence des lacs d’amour et des houppes dans leurs armoiries.

    Les nombres de houppes les plus basses caractérisaient la place de l’ecclésiastique dans la hiérarchie non pas d’ordre ou de juridiction mais dans une hiérarchie initiatique de connaissance de l’art sacerdotal.

    Nous avons la progression suivante :

    1 houppe = Chanoine (début de l’initiation)

    2 houppes = Protonotaire.

    3 houppes = évêque

    4 houppes = archevêque.

    5 houppe = patriarche & cardinal.

    6 et 7 houppes, grades secrets lié à l’Adeptat final ou réussite du grand oeuvre.

    Comme il se doit ces houppes étaient accompagnées d’un lac d’amour…

    Voilà, vous connaissez le secret des pompons qui lient les francs maçons avec le sacerdoce. Oui, il y a bien des choses encore à dire mais je dois respecter ma notoriété de cancre. Et puis je dois garder des réserves pour égratigner férocement les frères aux trois points !

    Avec toute mon amitié.

     

    À QUI LE POMPON ? À vous chers Francs Maçons !

     

     C'était, dans les loges du XVIIIe siècle, le chapeau du maître en l'art d'amour ou alchimie (à l'oratoire comme au laboratoire)... Actuellement cette coiffe n'a qu'une signification folcklorique.

     

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  • Commentaires

    1
    Mardi 28 Mai 2013 à 18:16

    Magnifique article et si juste ! , il y avait longtemps que je n'avais pas lu quelque chose d'aussi intéressant, merci de faire connaitre les travaux de René Desaguliers !.. Johan

    2
    vesperel
    Mercredi 29 Mai 2013 à 10:37

    Merci Toison d'Or.

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